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Crowdfunding et collectivités territoriales

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Avec un total de 152 millions d’euros collectés en France en 2014, l’engouement généré par le financement participatif dans l’écosystème français est révélateur et s’ouvre à des acteurs économiques très différents… au point que les collectivités territoriales en font usage lorsque les investissements publics ne sont pas ou peu à la hauteur.

Malgré une réglementation qui a pour objectif de développer ce mode de financement et d’en renforcer sa sécurité depuis Octobre 2014, le crowdfunding ne s’est pas encore étendu au secteur public. Son principal frein : le principe de comptabilité publique de non-affectation des dépenses et des recettes.

L’association Financement Participatif France à l’écoute des collectivités territoriales
Pour lever cette barrière, les acteurs de l’association Financement Participatif France (FPF) effectue un réel travail de fond auprès des pouvoirs publics. Marion Foujols, fondatrice de la plateforme de crowdfunding dédiée à l’enfance farandol.com et membre de cette association, accompagne et soutient des créateurs, designers, associations, entrepreneurs mais aussi des collectivités (comme l’école de Yèbles avec MyMajorCompany).

Elle revient sur la dernière AG de FPF : « Certains projets publics ne pourraient pas voir le jour sans l’aide du financement participatif. C’est le cas de la ville Yèbles, en Seine-et-Marne, qui s’est lancée le pari de récolter 40 000€ pour rénover son école primaire dont l’état actuel est déplorable. Il est important d’élargir le cadre légal du crowdfunding pour permettre aux municipalités et conseils généraux de recourir à cette méthode afin de réaliser des projets concrets bénéfiques à la population. Le financement participatif est un moyen novateur et efficace de donner une nouvelle dimension au développement. Il peut intervenir dans tous types de projets : économiques, sociaux, culturelles qui peinent à trouver des fonds ou qui cherchent simplement plus de notoriété. »

Pourquoi intégrer le financement participatif dans le développement d’une collectivité ?
Ce type de financement est en fait complémentaire du circuit dit traditionnel de récolte de fond par l’Etat :
• C’est une solution pour la collectivité d’éviter une augmentation des impôts.
• C’est un circuit court : on y rentre une date de début, une date de fin et un objectif financier. Ainsi, la récolte des fonds ne s’éternise pas et la situation du projet, parfois critique, ne s’alourdit pas. Le processus est moins long et plus réactif qu’un circuit traditionnel qui n’a pas de délai de validation en particulier.
• L’action est consolidée d’une part par la transparence sur les besoins financiers, d’une autre part par l’image de la plateforme de crowdfunding.
• Plus que le nom et la notoriété de la plateforme, l’image du projet gagne en dynamisme et modernité.
• L’une des valeurs des plateformes de financement participatif : la fédération d’une communauté. C’est le cas pour votre projet, il y a une vraie notion de solidarité entre les porteurs et les donneurs. Aspect non négligeable : ces donneurs peuvent même devenir de futurs utilisateurs du produit ou du service.
Retour sur le bel exemple de la commune de Yèbles

Au mois de décembre dernier, la mairie avait lancé une campagne de crowdfunding en espérant une somme à la hauteur de 40 000€, ce à quoi la maire de Yèbles y croyait peu. Le financement participatif a fait ses preuves : la collecte s’est terminée le 7 mars 2015 avec un total de 47 200€ !

La démarche ne s’est pas avérée très naturelle pour les élus. L’appel au financement pour ce type de projet avec un tel retour était inédit en France jusqu’à maintenant.
Malgré le succès de la collecte, l’Etat va contribuer à hauteur de 126 000€ accompagné de la région et du département avec 240 000€.

Preuve que, même s’ils n’ont pas récolté tout l’argent par la plateforme, c’est une très belle somme pour débuter.

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